Jeudi soir c'est tard. C'est tard mais c'est bien. On se retrouve en short, dévoilant des physiques plutôt hétérogènes. On rigole dans le vestiaire niveau 0, on déconne quoi. On se lâche et c'est aussi un peu pour ça qu'on vient.
Ce soir, les humeurs furent diverses sur le terrain. Pas d'empoignade historique, pas de commentaires déplacés, juste un peu d'humeurs, de type médiéval; ça ne sentait pas toujours bon, ça humait un peu bizarre.
Ce foutu moment, on y court pourtant deux fois par semaine et puis de temps en temps, on lâche une humeur mauvaise. C'est pas comme on voudrait.
Cet intermède , il est pourtant magique, avec quelque chose d'unique. On s'y sent bien avec une vie sur le dos. Il y a un parfum d'éternité dans ce ballet souvent maladroit. Mais ça danse et ça c'est rare. On ne danse pas tous au même rythme, mais on est là. Plus ou moins, avec plus de neuf siècles de vie cumulé. Il y a sur le terrain autant de vécu que celui d'un homme né au douzième siècle, sous Louis VI et son Abbé Suger et qui serait toujours vivant. Neuf cents ans de vie qui tapent dans un ballon. C'est grotesque pour certains, moi je trouve que c'est un cadeau qu'il ne faut pas déchirer sur un coup de tête.
Notre jeudi soir, beaucoup de gens en rêvent..